C'est par une fête du piano que s'achève en musique l'année 2011 à la poterie de Muttersholtz.
Le programme est tout à fait judicieux, avec trois compositeurs viennois au style si particulier, tous trois passés maîtres dans la construction savante aux allures d'une évidente simplicité.
Avec les variations sur "Ah vous dirai-je maman" de W.A. Mozart, Vincent de Murcia adapte avec facilité les guirlandes de notes à l'imposant instrument, exploitant avec discernement sa palette sonore. La douzième sonate de Beethoven s'ouvre également par une variation mais l'écriture a évolué et le pianiste effectue un spectaculaire travail d'orchestration pour chacune des présentations de cette vaste mélodie. Le public attend la célèbre marche funèbre, prémonition de celle de la Symphonie Héroïque. L'oeuvre s'achève curieusement dans le grave après des éclats de virtuosité.
La seconde partie était consacrée à la Sonate en si bémol de Franz Schubert, dernière grande oeuvre de ce compositeur qui disparaît quelques semaines plus tard à 31 ans. C'est un monument de mélodies magnifiques, d'atmosphères contrastées où le piano chante et gronde tour à tour. Vincent de Murcia va donner de cette sonate une interprétation très intérieure, maîtrisant les écarts de dynamique au profit d'une expressivité poussée jusqu'aux limites. Après de nombreux rappels, cette soirée s'est terminée avec le magnifique impromptu en sol bémol majeur toujours de Schubert.
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